Sept méandres pour une île de Yi In-seong

Sept méandres pour une île

Sept méandres pour une île

Un texte envoûtant…un style unique… une fête permanente de l’écriture…

Sept méandres pour une île occupe une place particulière dans le paysage littéraire coréen (tout comme Saisons d’exil, et Interdit de folie, les deux précédents romans de Yi In-seong).

Lire Yi In-seong, c’est d’abord être soumis à un choc, le choc d’une langue, certes traduite du coréen, mais – et c’est là le tour de force de ses traducteurs -, dans un respect total de la syntaxe de l’auteur, autrement dit, dans une fête permanente de l’écriture.

Car ici commence le flamboiement. Yi In-seong emporte littéralement son lecteur vers des rivages nouveaux, là où l’académisme et le réalisme coréens autrefois triomphèrent et qui aujourd’hui espèrent en de nouveaux chemins de la connaissance.

Car c’est bien à une connaissance et une re-connaissance de soi que se livre la mécanique stylistique de l’auteur. Dans un style tourbillonnant, souvent aux limites de l’obsession, il déroule sous les plis de la conscience sept récits, qui vont d’une adolescence presque sage à une maturité dévorée par des pulsions presque destructrices.Le narrateur expérimente le sentiment à l’état pur : amour, sexualité, réalité sociale… et découvre l’impérieuse nécessité d’écrire, dans un océan de musique pop, et avec cette nécessité, les tourments qui lui sont associés. Rage d’écrire, rage de vivre, rage d’aimer, rien de ce qui cher au narrateur est étranger au lecteur. Il n’y aurait là que banalité biographique si le texte n’était pas passé à la trémie du style de l’auteur.

Yi In-seong fait les délices de la critique littéraire de Corée. Le poète Hwang Jiu a comparé le roman de Yi- In-seong à un puissant mécanisme horloger aux pièces détachées, éparpillées, où les temps de la narration s’affrontent sans vainqueur ni vaincu, où les pronoms je tu et il jouent à cache-cache. Lire Yi In-seong suppose de remonter les mécanismes épars de reconstituer, sa propre réalité puisque l’auteur vous refuse la sienne. Bousculé, convoqué, provoqué, le lecteur entreprend un corps à corps qui ne le laisse ni indemne ni victime.

Bonne lecture.

L’auteur

Yi In-seong occupe en Corée du sud une place toute particulière. Considéré comme le chef de file des « nouvelles écritures », il est l’initiateur d’un mouvement esthétique de renouvellement des formes, inspirateur de la jeune génération des écrivains coréens.

Ancien professeur de littérature française à la prestigieuse Université Nationale de Séoul, il quitte son poste pour se concentrer sur l’écriture et la direction d’une revue littéraire qui œuvre à débarrasser les écrivains des contraintes du marché. Sa réflexion sur les formes du roman et la conscience nécessaire pour le définir et l’écrire lui valent d’avoir un statut d’écrivain expérimental.

Trois dossiers consacrés à l’auteur : La revue Europe, dossier sur la littérature coréenne, coordonné par Jean Bellemin-Noël (mai 2011). La revue de littérature coréenne Keulmadang (keulmadang.com) deux dossiers (voir les archives de la revue) à Yi In-seong.

Source : Decrescenzo Éditeurs

Écrit par Franck

Franck Decrescenzo a écrit 43 articles pour Koranews.fr.

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