Vivre à son rythme – La bibliothèque des instruments de musique.

Par Julien Paolucci

Personne – ou presque – n’a jamais véritablement songé à remettre en cause le système de classification instrumentale, dont nous avons appris dès l’enfance le triptyque : instruments à cordes, à vent et à percussion. Et pourtant.

KIM Jung-hyuk

KIM Jung-hyuk

Le narrateur de la bibliothèque des instruments de musique, lui, y pense.  Au moment où percuté par  une voiture  sa vie défile devant ses yeux, il acquiert la certitude que quelque chose doit changer.

Ce choc frontal  entre  la  vacuité de son être et la dure réalité du sol, qui devait irrémédiablement sceller son existence – y mettre un terme ou en constituer la révélation –, allait lui  laisser outre les séquelles physiques de l’accident, la responsabilité  d’une vie dont il lui faudrait   se débarrasser des oripeaux et du souvenir des expériences passées. Un sevrage bien difficile   qui l’abandonnera à  l’alcool des mois durant, sans lui laisser  entrevoir de sort plus favorable que celui auquel il était promis jusqu’alors : « Cet accident a marqué le début de nombreux changements. Tout d’abord, j’ai quitté mon travail […] et j’ai commencé à boire.  C’est injuste de mourir anonyme […] l’alcool libérait mon corps de cette phrase, il effaçait ma peur de ne pas me réveiller le lendemain… ». Coincé entre la certitude que la vie qu’il menait jusque-là n’était finalement pas la  sienne et le désarroi  où le plonge cette révélation, il est en l’attente de ce signe, ce quelque chose, qui agitera l’originalité de son être : « Ma principale préoccupation  était de trouver un moyen pour ne pas vivre anonyme et connaître un destin hors du commun qui me ferait passer à la postérité. »

Une suite d’événements érigés en autant de hasards dont il trace la chronologie, l’amènera à pousser la porte d’un magasin d’instruments de musique où l’attend son véritable défi: une nouvelle classification instrumentale et la constitution d’une bibliothèque  sonore  inédite, véritable instrumentarium mondial – Ou comment  une entreprise un peu folle annonce le primat de la volonté d’un individu sur l’ordre établi – « L’accident a fait émerger cette phrase, la phrase m’a conduit à l’alcoolisme, et l’alcool m’a permis de découvrir le magasin d’instruments de musique[..] J’ai décidé de travailler à Musica pour me laisser porter par le cours de la vie […] mais la classification proposée par les experts ne me paraissait guère fondée (…) je voulais trouver ma propre classification […] un jour j’ai commencé à enregistrer les sons des instruments de musique ».

 On voit ainsi poindre au travers de la lubie du protagoniste (une tâche dont il concède lui-même l’infaisabilité, puisque sans fin), la démarche littéraire de Kim Jung-hyuk (Rappelons au passage, que l’on s’occupe de manière très sérieuse  de la classification des instruments qui  est une discipline scientifique, domaine de l’organologie). L’auteur  fait se heurter   la logique de l’appartenance collective à la logique de…. La suite sur www.keulmadang.com

Sources : www.Keulmadang.com

Écrit par Franck

Franck Decrescenzo a écrit 43 articles pour Koranews.fr.

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