Nam June Paik, la naissance de l’art vidéo

21 avril 2012 at 18:01 , , ,

Nam June Paik, surnommé aussi  « Pape de l’art vidéo », est un des artistes les plus représentatifs de la scène artistique occidentale du XXe siècle, un performer aux influences culturelles multiples. Né à Séoul en 1932, c’est à Miami qu’il décède en 2006, après avoir fait ses études à Tokyo, à Cologne en Allemagne et avoir exposé à travers le monde. Il s’intéressa aussi bien à la philosophie, qu’à l’histoire de l’art ou encore à la musique, ce qui lui permit de rencontrer John Cage, figure emblématique de la musique expérimentale.

Paik est un artiste multiculturel, un lien parfait entre l’Orient et l’Occident, origines qu’il utilisait pour amuser les autres en affirmant «le Péril Jaune, c’est moi!». Exemple parlant d’un humour piquant et d’un sens certain de l’autodérision dont l’artiste usa durant toute sa carrière, mais c’est au sein du groupe Fluxus, fondé par Georges Maciunas, qu’il s’est d’abord illustré.

Listening musci through the mouth, 1962

Même si la musique a toujours été un élément particulièrement important de l’art de Nam June Paik, il se tourna peu à peu vers la télévision, les premiers programmes en couleurs étant apparus en 1951 aux États-Unis où il réalisa plusieurs performances avec Charlotte Moorman, violoncelliste. Avec elle, il commença à mêler audio, vidéo et humain, dans des œuvres vivantes et uniques comme Sextronic Opera, ou TV Bra for living sculpture. Apparaissent alors plus clairement les premiers démons de Paik, comme le corps humain, ou la sexualité, qui sont des thèmes récurrents dans ses réalisations. Plus que de simples obsessions, le nu est aussi une manière de s’inscrire dans une traditions de l’histoire de l’art qui est certainement la plus connue; se cache ici une volonté de créer une nouvelle peinture de nu, au moins des nouvelles technologies à disposition : la télévision, son écran et les systèmes de retransmission.

L’artiste fut un des premiers à travailler sur la distorsion des images et des couleurs, à l’aide d’aimants, ou d’un processus mis en place par le japonais Shuya Abé : un synthétiseur d’image, qui lui permettait de faire appel à toutes sortes d’images et de sons pour en tirer de nouvelles formes colorées. Certaines de ses œuvres seront retransmises à travers le monde entier en différé, créant ainsi des moments uniques, exceptionnels, auxquels s’associeront de grands noms de la scène artistique de l’époque comme David Bowie. Mais le téléviseur, en tant qu’objet, était aussi utilisé comme matériau à part entière destiné à la sculpture, mis en scène dans des installations diverses, Nam June Paik a transformé aussi bien le corps que les écrans en créant des robots. Attiré par les dernières innovations technologiques, il utilisa même, en 2000 pour ses dernières expositions, des lasers ou des satellites.

Mother and Father, 1986

Nam June Paik est le précurseur de cet art vidéo qui aujourd’hui a une place majeure au sein de l’art contemporain. Figure incontournable de l’histoire de l’art, il est devenu une référence grâce à la révolution qu’il a instauré : sa critique de la société teintée d’humour s’est exercée à l’aide d’innovations technologiques en développement, peu utilisées, ce qui l’a mené à des œuvres avant-gardistes bousculant les codes traditionnels du monde artistique.

Sources : Koreanews.fr

Écrit par Pauline

a écrit 6 articles pour Koranews.fr.

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